Archives de catégorie : Feedback immédiat

Ressources pédagogiques sous forme d’affiches (CUQAM – auteur: Frank Herlin)

Frank Herling, conseiller pédagogique à la Direction de l’apprentissage et de l’innovation pédagogique d’@HEC_Montreal,  propose un riche parcours de pédagogie illustrée sur Genially, dans lequel vous pourrez peut-être aller puiser de l’inspiration et certainement, identifier des liens avec la pédagogie des gestes mentaux.

Ces affiches sont très belles, les sources d’inspiration sont mentionnées, et l’auteur permet leur réutilisation. Je vous invite donc à partir à la découverte de ce parcours illustré, pour le plaisir des yeux, pour vous nourrir pédagogiquement, pour réactiver les concepts de gestion mentale auxquels vous penserez pendant ce voyage.

 

Par exemple, l’affiche (ci-contre) sur les modes d’engagement cognitif met notamment en évidence l’importance pour l’apprenant de se mettre en projet pour ses apprentissages (càd anticiper la tâche à accomplir dans toutes ses dimensions: quel est le but que je dois atteindre? quels moyens puis-je mobiliser? comment qualifier ma motivation?).

Le contenu de l’infographie montre qu’en fonction des tâches, l’engagement peut être différent et l’effort à consentir, variable.

Comme en gestion mentale, être en projet s’ajuste, évolue, se module. L’apprenant est aux commandes de cet engagement cognitif, indispensable pour apprendre.

Qu’en pensez-vous?

 

 

Dans l’affiche qui présente les activités d’apprentissages, la prise de conscience de ce qu’on a appris se trouve au sommet de la montagne à gravir par l’apprenant.

Avec la gestion mentale, l’élève prend aussi conscience de la façon dont il a appris (ou  mémorisé, compris, réfléchi, imaginé, été attentif).

C’est un atout majeur pour les prochains apprentissages qui feront appel à nouveau à ces acquis (qui s’expriment en savoirs, savoir-faire, savoir-être, et “savoir du connaître”).

Autrement dit, c’est essentiel pour transférer.

Qu’auriez-vous envie d’ajouter?

 

Favoriser la mémorisation à l’aide d’outils numériques

Sur le site de l’Académie de Normandie, l’article suivant m’a semblé intéressant à partager: “Favoriser la mémorisation (à l’aide d’outils numériques)”

En effet, mémoriser nécessite de nombreuses réactivations, idéalement à un rythme expansé, et l’enseignant peut en prévoir une partie en classe, pendant ses cours. Il s’agit de permettre à chaque élève de faire revenir en tête les informations déjà stockées, et de se mettre en projet de les compléter et/ou de les corriger au besoin, grâce au feedback immédiat qu’il reçoit sur sa production. 

Faire usage d’outils numériques permet de varier les façons de réactiver et peut nourrir l’engagement des élèves dans la tâche proposée. C’est également une manière de différencier l’enseignement car chaque apprenant peut avancer à son rythme, en autonomie ou accompagné par son professeur.

Voici quelques exemples d’outils présentés dans l’article (pour les découvrir tous, je vous invite à aller le consulter dans son intégralité) – les liens renvoient soit à l’application, soit à un article de ce blog qui en parle, soit à un exemple cité dans l’article original:

 

 

L’importance de réactiver les infos mémorisées

Toujours par l’intermédiaire de ma collègue qui donne cours de SVT dans 2 établissements scolaires en France (un collège et un lycée), j’ai découvert un autre outil: le SAC A SOUVENIRS de réactivation collective pour une classe.

C’est suite à une formation continuée sur les Cogniclasses que cette enseignante et plusieurs de ses collègues ont instauré ce sac à souvenirs dans une classe “test”. Vous l’avez compris, il s’agit bien d’un sac, mais de quoi est-il rempli?

Et bien, il contient toute une série de “flashcards” préparées par les enseignants des différents cours. J’ai trouvé une description de cet outil de réactivation collective sur le site “Apprendre et former avec les sciences cognitives” qui relaie le témoignage d’une expérience menée dans une école française (Collège Saint-Exupéry, 95 Ermont), dans laquelle il est question de fiches de mémorisation déjà évoquées ici, des ardoises utilisées par les élèves, dont il est déjà question ici (en lien avec l’enseignement explicite), et de Plickers, déjà mentionné .

Le sac à souvenirs, contient des cartes de questions/réponses (recto/verso) que chaque professeur introduit après chaque cours, qui reprennent les connaissances présentes dans les fiches de mémorisation. Le sac à souvenirs reprend le principe de la réactivation répétée dans le temps, nécessaire à la consolidation des connaissances à long terme.
Les cartes de la semaine 1 se retrouvent dans le sac en semaine 3, 7 et 14, en plus des cartes de la semaine en cours. Cela permet d’éviter les effets de l’oubli. Pour se repérer, il est mis des gomettes de couleur sur les cartes, dont la couleur change toutes les semaines. Au début de chaque cours, les élèves sont interrogés sur deux ou trois cartes tirées au sort par le professeur et écrivent leurs réponses sur leurs ardoises (des tests ont été tentés positivement avec la technique Plickers).
Cette étape ne doit pas excéder cinq minutes. L’enseignant pose rarement des questions de sa discipline, puisque les cartes de toutes les disciplines sont mélangées. Le sac à souvenirs est devenu un véritable rituel de la classe: les élèves le réclament !

Cela demande une coordination et un travail d’équipe entre enseignants d’une même classe, et permet de ritualiser la réactivation régulière, montrant ainsi aux élèves que cela aide à retenir les informations à plus long terme.

La mémorisation est souvent citée comme le point faible de beaucoup d’apprenants: nous pouvons, en tant qu’enseignants, leur montrer/leur faire expérimenter des techniques efficaces pour installer les informations dans un imaginaire d’avenir à long terme.

Des profs canadiens se filment pour progresser

C’est à Laval (Québec) que cela se passe: des enseignants participent une fois par mois à des “cercles pédagogiques” pendant lesquels ils visionnent des extraits de capsules vidéo filmées en classe afin de discuter entre eux et d’échanger des rétroactions (feedback) efficaces et positives. Ça permet à ces enseignants de développer une autorégulation de leur posture professionnelle puisque cet exercice de prise de recul et de partage d’idées de pistes pratiques s’inscrit dans la durée.

Dans le projet de formation en gestion mentale et de suivi sur le terrain, nous sommes convaincus de la force de cette démarche que nous avons appelée “vidéoformation”. Nous proposons aux professeurs de niveau 3 la possibilité d’être filmés pendant leur classe ouverte et de débriefer ensuite en s’appuyant sur certaines séquences de la capsule. Ceux qui ont relevé le défi sont unanimes: cela permet de faire un bon qualitatif important dans leurs pratiques pédagogiques (ici éclairées par la pédagogie des gestes mentaux d’Antoine de La Garanderie).

Si vous voulez en savoir plus sur l’expérience des “cercles pédagogiques” de Laval, vous pouvez aller écouter l’émission de Radio Canada (Ici première, séquence 15-18, reportage de Dominic Brassard) du 8 janvier 2019 (durée: 7min). Avec toutes les couleurs de l’accent québécois!

Et ci-dessous, un extrait écrit qui présente l’idée (issu de la même page web que celle de l’émission):

On est seuls dans nos classes, souligne l’enseignante Mélissa Ouellet-Gendron. Généralement, une fois qu’on a fini nos stages, il n’y a personne pour nous dire : “Hey, tu sais quoi? Tu as fait ça, c’est bien, mais ce serait bien d’essayer autre chose.” 

 

C’est pourquoi elle a décidé de participer aux cercles pédagogiques organisés une fois par mois par les conseillers pédagogiques de la Commission scolaire de Laval. Cette initiative a été chaudement accueillie par plusieurs enseignants, assure-t-elle : Les cours se donnent les uns après les autres, donc on n’a pas le temps de se réajuster. Les habitudes s’installent très rapidement et si on n’a pas ce recul-là, on n’a pas le temps de voir ce qui accroche.

 

Les cercles pédagogiques sont également bénéfiques pour les élèves, dans le contexte actuel où un plus grand nombre d’entre eux ont des besoins spécifiques, note le professeur de psychopédagogie Robert David, qui supervise les discussions à la Commission scolaire de Laval. Ça permet aussi de développer des pratiques qui permettent à plus d’élèves d’apprendre, dit-il.

Merci à Florence Lebras (@flebras56) pour le partage de la ressource sur Twitter!

La rétroaction: un outil efficace pour favoriser la réussite des élèves

La rétroaction (ou “feedback”) a plusieurs facettes

Elle peut se faire de l’enseignant vers l’élève (commentaires sur une évaluation, par exemple), pendant la réalisation d’une tâche ou après. Elle permet alors de mettre en évidence les réussites de l’apprenant, de lui donner des pistes de leviers pour corriger ses erreurs, …

Elle peut également avoir lieu dans l’autre sens (de l’élève vers l’enseignant) quand ce dernier s’informe sur le degré de compréhension de sa classe en utilisant des outils divers et variés (ardoise individuelle, Quiz (Plickers, Kahoot,…), TBI, …).

L’évaluation entre pairs, l’autoévaluation, le portfolio sont autant d’autres options pour permettre à chacun de bénéficier d’un feedback sur le travail effectué.

Cette rétroaction doit être réfléchie pour qu’elle ait un impact réel sur les apprentissages des élèves

Il ne suffit en effet pas que les enseignants renvoient à leurs élèves des rétroactions de qualité, il faut ensuite que ces derniers s’en emparent et les utilisent.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire le dossier réalisé par Laurie Pageau ou celui publié par Lucie Barriault, disponibles tous les deux sur la plateforme RIRE (Réseau d’Information pour la Réussite Educative). Vous pouvez encore consulter l’infographie mise en ligne par Annie Côté.

 

Corriger un travail en vidéo

Qui d’entre nous n’a jamais passé de longues (très longues) minutes à annoter un travail d’élève pour lui donner de quoi comprendre ce qu’il a bien fait et ce qui ne correspond pas (en tout ou en partie) à ce qui était demandé? Et qui parmi nous a déjà constaté que ce temps passé était chaque fois productif, c’est-à-dire aidait réellement l’apprenant à progresser?

Corriger en vidéo, qu’est-ce que c’est?

Vous pouvez aller lire la présentation en mots et en (tutoriel) vidéo de ce dont il est question sur le site de l’académie de Caen. Certains professeurs ont commencé à procéder de cette façon et l’un d’entre eux (Hervé Belloc, sous le pseudo Alain Malin) nous l’explique avec deux perceptions.

Ci-dessous, quelques extraits qui vous donneront peut-être envie d’en savoir plus:

“C’est une méthode qui consiste à remplacer – ou compléter – les annotations et appréciations écrites sur les copies par un commentaire filmé de la copie de l’élève (son + image). La vidéo est alors mise à disposition individuellement pour chaque élève sur l’ENT.”

Avantages pointés:

– exhaustivité du commentaire possible (durée de l’enregistrement à l’appréciation du professeur)

 

– confidentialité et individualisation poussée

 

– l’élève qui consulte sa correction vidéo est impliqué et « captif » ; il est contraint de suivre le propos du correcteur

– l’élève en difficulté peut faire des pauses dans la vidéo (s’il a besoin de temps pour se concentrer) ou regarder plusieurs fois certains passages, voire la correction entière dans le cas d’une révision

– le professeur, pendant le visionnage, peut être disponible pour aider ceux qui ont besoin d’éclaircissements, sans que les autres soient inoccupés.