Le secret de la mémorisation, c’est qu’on ne mémorise pas, on mémorise pour quelque chose. Notre cerveau a besoin de savoir comment nous allons utiliser cette chose afin de la ranger et la tenir à disposition quand ce sera nécessaire.

Donc :
1 – choisir ce que nous souhaitons mémoriser
2 – fabriquer un souvenir de cette chose
3 – donner un avenir à son souvenir : où/quand vais-je utiliser cette chose ? comment ?

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Mémoriser c’est se fabriquer un souvenir et lui donner un avenir. Ah, si je rencontre une jolie fille et que l’on me dit son nom, il ne suffit pas que je le mette en tête, il faut en plus que j’imagine que son nom me reviendra à chaque fois que je la verrai…

 

Mais il y a mieux.
Lorsque nous fabriquons un souvenir, nous avons fait des allers-retours entre la chose que nous avons choisi de mémoriser, qui est à l’extérieur, et le souvenir que nous fabriquons, à l’intérieur.
Nous faisons des allers-retours afin de :
Vérifier (que notre souvenir est bien conforme) ;
Modifier (si notre souvenir est incorrect) ;
Compléter (s’il manque quelque chose à notre souvenir).
C’est la triple activité d’une fabrication de souvenir : en abrégé, VMC ! (histoire d’aérer le cerveau)

Mais il y a encore mieux.
Le temps nous fait tout oublier. Aussi, nous devons

4 – vérifier la qualité de notre souvenir

Comment ? Après avoir fait une petite pratique de l’index (de tête, sans son cahier, convoquer et accueillir les souvenirs), nous allons pouvoir ouvrir nos notes :
– écrites sur un cahier, un classeur, un livre…
– audios sur un magnétophone…
– gestuelles sur une vidéo…
– graphiques sur du papier ou de la toile…
– musicales sur un magnétophone…
– plastiques sur une photo, ou avec l’objet lui-même…

En clair : on regarde dans son cahier si ce que l’on a tête est correct ou non…

Et ça suffit si on a un examen à la fin de l’année ?… Pas sûr. Il manque une étape essentielle :

5 – vivifier notre souvenir.
Car la mémoire, c’est vivant, comme les plantes ou l’amitié. Il faut l’entretenir. Les plantes, ça s’arrose, les amis, on prend de leurs nouvelles, la mémoire, on s’en occupe en repensant à ses souvenirs.

Quand ? Il y a des paliers dans la mémoire.
Palier n°1 : la journée.
Repensons deux fois à une chose et le cerveau fait passer le souvenir au palier suivant.
En clair, si nous pensons à quelque chose, volontairement, consciemment, entièrement au moins deux fois dans la journée (trois c’est mieux !), le cerveau va mettre l’information de côté pendant une semaine. On aura l’impression de se souvenir facilement pendant la semaine.

Palier n°2 : la semaine.
Repensons deux fois à une chose et le cerveau fait passer le souvenir au palier suivant.
En clair : si nous repensons à ce que nous avons appris, non seulement le jour même, mais deux ou trois fois dans la semaine, le cerveau met l’information de côté pendant un mois. Il sera facile de retrouver cette information qui reste fraiche.
Palier n°3 : le mois.
Palier n°4 : les six mois (le semestre).
Palier n°5 : l’année.

En clair, pour organiser un programme de révision, nous pouvons planifier de repenser à ce que nous souhaitons mémoriser (et de vérifier que notre souvenir est correct) :
– le jour même ;
– dans la semaine ;
– dans le mois ;
– dans les six mois ;
– dans l’année… et les paliers suivants sont : 2 ans, 5 ans, 10 ans…

En résumé :
♥ mémoriser, c’est mémoriser pour, à nous de choisir pour quoi

Pour mémoriser quelque chose pour l’utiliser plus tard :
1 – choisir ce que nous souhaitons mémoriser
2 – fabriquer un souvenir de cette chose
3 – donner un avenir à son souvenir : où/quand vais-je utiliser cette chose ? comment ?
4 – vérifier la qualité de notre souvenir, d’abord de tête puis avec ses notes
5 – vivifier notre souvenir, en utilisant les paliers de la mémoire.

© Frédéric Rava, 2016 – Tous droits réservés, reproduction interdite.

Le secret de la mémorisation