Imaginons-nous vouloir travailler sur le concept « arbre ». Nous pouvons le passer au crible de trois catégories de liens logiques : sériation, analogie, attribution. Avec les sous-catégories, nous aurons dix façons différentes d’éclairer le concept.

I. SÉRIATION

Sériation parce que nous allons sérier, c’est-à-dire organiser en série, des états et des transformations. 

  • considérer le concept comme état initial

État initial : arbre => Au début / avant, il y a / nous avons un arbre.

Transformation : recherchée => Que pouvons-nous faire avec un arbre ? De quelle façon passe-t-on de l’état initial d’arbre à l’état final ?

État final : recherché => Que pouvons-nous obtenir avec un arbre ?…

Exemples :

  • arbre, on le découpe, planche en bois
  • arbre, on le laisse grandir ou on le taille ou on le soigne, fruits
  • arbre, on l’arrose, grand arbre qui fait de l’ombre 
  • considérer le concept comme état final

État initial : recherché => D’où vient cet arbre, de quoi est-il issu ?

Transformation : recherchée => Comment faire pour aboutir à un arbre ? De quelle façon passe-t-on de l’état initial à l’arbre de l’état final ?

État final : arbre => À la fin / après, il y a / nous avons un arbre.

Exemples :

  • graine, on la plante, arbre
  • arbuste, on l’arrose, arbre 
  • considérer le concept comme une transformation

État initial : recherché => Origine de l’arbre.

Transformation : arbre => L’arbre est ici considéré sous l’aspect de ses transformations successives et perpétuelles, on s’intéresse à l’aspect dynamique.

État final : recherché  => Destination.

Il est également possible de s’interroger sur :

  • l’origine (état initial) ;
  • la nature ontologique de la chose ou de l’être considéré dans son processus de devenir (transformation) ;
  • la finalité de cette chose ou de cette être (état final).

Exemples :

  • On peut évoquer l’arbre comme un procès (processus), dépourvu de feuilles en hiver, avec des bourgeons éclatants au printemps, des feuilles vertes en été, des feuilles mordorées et parsemées à l’automne.
  • L’arbre est un processus ininterrompu dont on peut fixer arbitrairement le début et la fin : de la conception de la graine au dernier soupir de l’arbre avec la dernière feuille qui tombe, mais nous pouvons fixer un autre début comme l’apparition du premier arbre de cet espèce au temps géologiques, son expansion sur le globe, sa mutation en une autre espèce (qui s’est produite ou pourrait se produire).

II. ANALOGIE 

  • en cherchant un lien de similitude : considérer le concept comme similaire à un autre

Exemples :

  • Un arbre est comme un champignon : ce sont des végétaux.
  • Arbre et champignon sont tous les deux au masculin en français. 
  • en cherchant un lien de différence : considérer le concept comme différent d’un autre

Exemples :

  • Un arbre est différent d’un champignon car le champignon n’a pas de chlorophylle, tandis que l’arbre est une plante verte.
  • Un arbre fait plus de 7 mètres, un champignon non.
  • Arbre et champignon n’ont pas la même initiale, ni le même nombre de lettres

III. ATTRIBUTION 

  • considérer le concept comme une inclusion 
    • lui-même inclus dans autre chose => Exemple : L’arbre fait partie des plantes vertes. 
    • lui-même contenant autre chose => Exemples : L’arbre rassemble les arbres fruitiers, non fruitiers, etc. ou dans les arbres on trouve l’abricotier, le cerisier, le chêne… 
  • considérer le concept comme une intersection 
    • lui-même l’intersection de deux autres choses => Exemple : L’arbre fait partie à la fois des êtres vivants et de ce qui contient du bois. 
    • lui-même en intersection avec une autre chose =>Exemple : Le bois fait partie à la fois de la table et de l’arbre. 
  • considérer le concept comme une exclusion => Exemple : L’arbre ne fait pas partie des animaux.

Nous venons de faire un tour du concept avec les liens logiques élémentaires, en le considérant de 10 façons différentes. Pour faciliter l’approche, je vous l’ai synthétisée sous la forme d’une roue reproduite dans l’article « Faire le tour d’un concept avec les liens logiques ». Nous pouvons ainsi placer le concept et lui faire le tour en s’arrêtant sur chaque branche de l’étoile. Une façon simple de faire le tour (un tour) d’un concept avec les liens logiques (élémentaires).

Article publié dans Intelligence mode d’emploi n°9, ISSN 1770-5029

© Frédéric Rava-Reny

Travailler un concept avec les liens logiques