Le 18 octobre dernier, deux chercheurs français, Albert Le Floch et Guy Ropars, publiaient leur découverte sur la dyslexie (http://www.huffingtonpost.fr/2017/10/18/une-cause-potentielle-de-la-dyslexie-decouverte-par-des-chercheurs-francais_a_23247045/) : une incapacité du cerveau à choisir entre deux images. En cause, deux parties des yeux, les « centroïdes de la tache de Maxwell », qui au lieu d’être asymétriques l’un de l’autre comme chez les « non-dyslexiques », seraient symétriques… D’où la confusion entre les lettres b,d,p,d…

Les chercheurs ont également mis au point une lampe stroboscopique qui facilite la lecture chez certains « dyslexiques ».

Comme il fallait s’y attendre, d’autres scientifiques ont contesté la validité de la découverte en avançant que les causes et la définition de la « dyslexie » sont plus complexes.

Quel est mon point de vue ?

Pourquoi ai-je quelque chose à dire sur le sujet d’abord ?

J’ai conçu un protocole d’accompagnement qui permet aux « dyslexiques » d’apprendre et maîtriser l’orthographe en trois heures. Son efficacité n’est plus à prouver.

J’apporte également une explication théorique et un accompagnement pratique lors du premier cycle de formation (première année).

Mes stagiaires, que ce soient des enseignants ou des orthophonistes ou d’autres professons libérales, en France comme en Italie, vérifient chaque jour dans leur classe ou leur cabinet le bien-fondé de mon approche.

Qu’ai-je donc à dire sur cette découverte et sur les réactions qu’elles suscitent ?

Tout d’abord, sur les réactions qu’elles suscitent, qu’un phénomène trouve son origine dans plusieurs facteurs. Mes élèves connaissent la présentation rapide du modèle de MacLean sur les trois étages du cerveau. Nous pouvons donc toujours dire qu’il y a une cause organique ou physique, une cause affective, sociale ou émotionnelle, et une cause cognitive. Notre discipline, maladroitement nommée « gestion mentale » par l’éducation nationale, s’occupe du champ cognitif.

La découverte, remarquable, des chercheurs de l’Université de Rennes, éclaire une cause organique. Que d’autres scientifiques avancent des explications cognitives ou autres n’enlèvent rien. Au contraire. Pour comprendre le réel, et être efficace, nous devons comprendre qu’il n’y a pas de cause unique, mais une connivence de facteurs.

Ensuite, la confusion entre les lettres b, d, p, q est un des symptômes de la « dyslexie », et ne se retrouvent pas chez tous les « dyslexiques », et se trouvent aussi chez des personnes qui ne sont pas « dyslexiques ». Dans notre discipline, nous avons un éclairage avec deux explications théoriques et leur protocole d’accompagnement :
– confusion entre P1 et P2, et pour distinguer de nouveau le concret P1 et le conventionnel P2 nous disposons du protocole de base exposé par Antoine de La Garanderie dans les Profils Pédagogiques ;
– confusion entre différents niveaux de compréhension, notamment le niveau écrit et le niveau objet, et pour de nouveau distinguer ces deux niveaux, nous avons le protocole de l’échelle de compréhension que j’enseigne dès la deuxième journée de formation comme en conférence.

L’absence d’asymétrie des centroïdes des taches de Maxwell est intéressante car elle fait écho à l’asymétrie nécessaire des yeux pour percevoir le relief, donc distinguer les objets de l’écrit…

Enfin, l’explication théorique des chercheurs rejoint la mienne sur l’origine du trouble : une incapacité à choisir. Pour les chercheurs, au niveau organique. Pour moi, au niveau cognitif. C’est ce que je montre lors de la formation « Espace-Temps : situer les écueils de la compréhension », que la « dyslexie » vient d’une incapacité à choisir une « seconde langue pédagogique » (nature d’évocation) et au niveau du cadre de compréhension entre l’espace ou le temps. La matrice des protocoles exposée permet alors d’accompagner efficacement les personnes dans le pilotage de leur intelligence pour qu’elle puisse atteindre les objectifs qu’elles se sont fixées, que ce soit lire avec fluidité, maîtriser l’orthographe ou s’épanouir dans leurs études.

Frédéric Rava
Chercheur à l’IFeP

La dyslexie au fond des yeux