VOS RÉACTIONS SUR…

 

LES TROIS CERVEAUX (IntelliMode n°1)

¿ Voici une réponse mail envoyée par Aurore, une élève de 1ère S. Nous avons juste « traduit » le langage SMS en français courant. Pour ceux qui l’ignoreraient encore, « exo » est l’argot scolaire pour exercice. 😉

 

J’ai envie de faire une collection de comment vous faites vous pour positiver : envoyez-moi vos trucs, dites-moi comment vous faites…

 

OK.

1er exemple : avant et pendant un contrôle.

Je ne suis plus vraiment moi, je suis un être qui flotte au-dessus de moi et je lui dis :

« Allez Aurore ! (je lui mets 2 ou 3 mini claques pour la réveiller).

Vas-y. Fais voir de quoi t’es capable ! »

ça c’est le conditionnement, mais je crois qu’en fait, je me sers juste de mon corps pour exécuter, et ma tête reste en suspens pour aller chercher les infos dont j’ai besoin dans divers lieux (mes cours, mes exos, mes bouquins, etc.)

 

Après je lis au moins 3 fois l’énoncé, et 3 fois la question, pour être sure.

J’ai intérêt à bien connaître mon cours, et si c’est le cas, je fais les liens. A la 1ère lecture, sans avoir approfondi ma réponse, je sais ce qu’il y aura dedans.

Je crois (je ne suis pas certaine) que ce sont toujours des phrases que j’entends, et pour les mots isolés, je les vois et les entends (surtout dans les cas où on a besoin de l’orthographe du mot).

Et je réponds à la question en me remémorant les techniques utilisées en exercices.

En fait je fais du copier-coller.

Si j’ai bien refait mes exos, ça va tout seul.

Quand il faut faire des calculs soit je fais direct, soit quand je sens que je vais avoir besoin d’un peu plus de réflexion, soit j’attends un peu, soi je saisis un brouillon pour trier.

Au besoin, comme en histoire, je souligne dans le texte.

 

En fait, quand je réfléchis, je me parle. C’est toujours ce « moi » en suspens qui m’indique ce que je dois faire. Oui, en fait je pense que j’entends, c’est moi-même qui me parle. Je me parle dans ma tête. Enfin, c’est compliqué… c’est pas des sons « sons », c’est des sons intérieurs. Vous pourriez m’éclairer ?…

 

2ème exemple : un exercice à la maison

Je lis, je réfléchis tranquilou, ‘y’a pas le feu genre un devoir sur table.

Au bout de 5 min, je passe à la question suivante.

Bien souvent on ne peut faire la suite sans la 1ère.

J’y reviens, 5 ou 10 minutes. Si je bute je laisse, j’y reviendrai après avoir fait quelque chose d’autre.

En principe, je fais ça avant le cours ouvert, dans ce que je cherche un peu plus avant de laisser quand même.

Dans ma tête, je ne sais pas trop comment je fais.

Je me parle, mais je crois qu’il y a quelque chose d’autre.

Faudra que je fasse gaffe pour vous dire.

 

Voilà !

 

Aurore

à Aurore nous montre l’importance de bien évoquer l’énoncé et d’en lire la totalité avant de passer à l’exécution du problème.

Effectuer un retour sur ses acquis, sa « bibliothèque mentale » et exercer une flexion sur l’énoncé jusqu’à temps que ça colle correspond au geste de réflexion.

Aurore souligne aussi la difficulté d’arriver à savoir clairement ce que nous faisons en tête. Pourtant elle nous livre ici le résultat d’une observation fine. Bravo !

Sans rencontrer quelqu’un qui connaît bien la riche palette de ce qu’il est possible de faire dans sa tête, il est difficile de faire le point soi-même sur ce que l’on fait. Cette recherche n’en est pas moins intéressante.

© Frédéric Rava-Reny

Courrier des lecteurs n°1